Informons nous,L'ignorance TUE..... #10



LA JOURNÉE DE FORMATION

Il y' a quelque jour de cela,je m’étais inscrite sur la formation d'une journée de prévention et secours civique auprès de pompier pour apprendre les gestes qui sauvent.

En ce moment là je ne réalise pas encore l'importance de cette formation, car j'y suis allée pour des raisons personnelles, autant je m’étais plainte de me réveiller de beau matin un samedi, alors que je devais faire ma grasse matinée, sur place je ne me suis pas endormie puisque j’étais captivée par ce que j'apprenais.

Nous ne réalisons pas combien ces gestes peuvent sauver plus d'une personne, sauver UNE VIE.

Le formateur nous a parlé de plusieurs cas notamment des blessures domestiques, des brûlures, accident de circulation, mal à aise, AVC qui est le plus fréquent de nos jours, crise cardiaque, crise d'asthme, crise d’anévrisme et tant d'autres encore.

Ensuite il a ouvert une petite parenthèse sur l’épilepsie et les crises épileptique.

j'ai alors ouvert grand mes yeux et mes oreilles car je me suis sentie beaucoup concernée en tant que victime.

Au début je ne voulais poser aucune question, et un moment je dis pourquoi faire l'idiote face à un professionnel.

j'ai pris courage,j'ai posé les questions là j'ai appris des choses qui sont contraire à ce que l'on véhicule dans mon pays.

QU'ENTENDONS NOUS A CE SUJET ?

* l’épilepsie est innée VRAI, il peut être génétique , mais pas dans tous le cas, chacun de nous tous peut avoir ces crises épileptiques.

*l’épilepsie est contagieuse FAUX, on a entendu dire qu'il fallait être loin de la salive de la personne qui convulsée,sinon vous l'attraperez à votre tour.

c'est marrant parce que ces mêmes personnes n'ont pas aussi peur face aux maladies qui se contaminent réellement comme certaines MST.

Certes la personne qui convulse, bave et crache dans vos bras ensuite, mais ca ne se transmet JAMAIS d'une manière ou d'une autre.

*On peut avaler sa langue pendant la crise FAUX. *Les crises sont dangereuses dans l'eau,lors de la natation VRAI

*l’épilepsie se soigne que de façon traditionnelle FAUX, c’est une maladie neurologique qui se traduit par une activité électrique anormale du cerveau.

Quoi de plus normale d'aller consulter les médecins spécialisés pour, que d'aller vers des charlatans qui vont tâtonner sur le diagnostic et le traitement......

*l’épilepsie s'attrape dans les eaux jetées par terre dans les rues FAUX, (je vous en parle de ça parce que en 2004 alors que je prenais des médicaments qui a failli rendre mes parents "pauvres" vu les prix coûteux, une amie vient à moi et me dit qu'elle connaît une personne qui pourra me laver ensuite, va jeter cette eau dans la rue et quelqu’un d'autre va marcher dessus et l'attraper;tellement facile puis méchant,en même temps.

Cette personne innocente qu'a-t-elle fait pour souffrir de cette même manière?

RIEN.

(j'irais pas voir cette dame j'avais dit)

*l’épilepsie est une maladie démoniaque FAUX,nos ancêtres face aux convulsions,ont vu cette maladie plus démoniaque que neuronale....

*les épileptiques ne sont pas intelligents FAUX, personnellement à force de faire des crises, j'ai perdu beaucoup de souvenirs, parce que je suis quelqu'un, je suis trop dans le détails,sur les dates, événement,les heures exactes,à l’époque je me souvenais de TOUT; ces crises ont emportées quelques souvenirs.....mais ne m'ont pas enlevée mon intelligence.

*L'épilepsie ne se guérit pas, FAUX, elle se soigne et se guérit.

A mon avis nous avons entendu beaucoup des choses sans être informé de façon intelligente.

MON HISTOIRE

Mi- Mai 2002, J'avais 22 ans quand je tombe du haut du lit superposé, la nuit dans mon sommeil,je me rappelle plus l'heure,mais je sais que tous dormions.

Ma jeune sœur à coté de moi, je convulse, selon ce qu'elle me raconte, elle a 20 ans à l’époque......

je perds connaissance, et tout commence ce soir là.

Ils me descendent de ma chambre, (nous avons de chambre à l'étage) ils me sortent,pour m'emmener en urgence à l’hôpital, sous les cris et les pleurs de ma famille.

Ma mère dit qu'on fasse demi tour, on doit rentrer,il fallait absolument prier avant tout,avant l'hôpital.......

Je reviens à moi pendant la séance de prière, ils sont des fervents croyants.

Jusque là personne sait que je viens de faire une crise d’épilepsie, ce soir là j'en avais fait qu'une.( mon copain de l'époque me faisait voir de toutes les couleurs, donc forcément à cause de lui....) pensais_je.

Un matin cette fois-ci, la deuxième qui a mis tous le monde la puce à l'oreille, je tombe alors que joue le folklore de du village de mes parents.

Les homme et les femmes dansaient, chantaient sur du folklore, c'est la veillée mortuaire de mon grand père paternel.

Ils sont déguisés et maquillés, en argile rouge, blanc et en tenue de spectacle pour l'occasion.

Nos voisins aussi étaient venus voir puisqu'ils nous ont assistés pour le deuil,donc leur présence ce matin là était chose normale.

Moi, je venais de me réveiller,toute curieuse et émue ,j'avais envie de regarder mais également danser un peu.

Je sors de notre parcelle, je vais chez nos voisins d'en face , pour avoir la bonne vue, rigoler avec mes cousins, cousines, oncles et tantes.

Je suis pas restée 5 minutes debout,je commençais à convulser devant tout le monde présent ce matin là, je tombe sur les cailloux, je me blesse, je me pisse dessus, je reste inconsciente quelque temps, à mon réveil, j’étais dans notre salon entourée par ma famille,quand j' ai compris ce qui m'arrivait, j'avais honte,j'ai juste pleuré.....

Mon père , ma mère, mes frères, mes sœurs mal et tristes.

A présent tous étaient au courant, nos voisins savaient,les gens du quartier que leur fille, leur sœur si intelligente,belle faisait de crise d’épilepsie.

Depuis les regards ont changés sur la personne que j’étais, les approches également.

j'en avais fait encore et encore jusqu'en 2004, je suis passée de l’hôpital à l’église, de l’église à l’hôpital, retraite,jeune et prière j'en connaissais......

Personne ne pouvait comprendre que je commence à faire des crises à l'age adulte, encore moins le membre de ma famille aussi intelligent qu'il soit.

Pour beaucoup on m'avait jeté un sort, m'ont-ils dit( je vous en parle cœur serré)

Il était important que j'aille régulièrement à l’église, moi qui en étais pas fan, moi qui avait pas de vêtements décents pour, je devais désormais y aller.

Plus le temps passé, plus je commençais à diminuer la fréquence avec mes études, avant d’arrêter complètement à l’époque j’étais en 1ère graduat décoration d’intérieur à l’Académie des Beaux.(Kinshasa),un truc comme ça!

Mes parents, ma famille avaient peur que je fasse une crise dehors, loin d'eux en dehors de la maison, puisque jusque là je n'avais pas encore fait de scanner, nous n'avons pas eu encore l'avis du médecin.

A présent plus aucun doute, je suis épileptique, les crises j'en fais régulièrement, devant les amis, la famille, petit ami, voisin et j'en passe....

J'avais une AURA, ça aussi je ne le savais pas jusqu’à ce que je fasse cette formation.

Une AURA c'est à dire que je pouvais sentir venir une crise.

Dans les pays arabes,on te fait serrer fort une trousse de clé,pour pas que la crise arrive (hum-mmm qu'est qu'une trousse de clé peut- elle faire? à part ouvrir les portes rire)

Comment j'aurai pu dire à ma famille que je pressentais les crises venir? d'ailleurs ça reste la dernière image que j'avais entre " la perte de la mémoire et le retour de la mémoire."

Je voulais prévenir les personnes autour de moi, les rassurer que j'allais le faire et qu'ils devaient pas s’inquiéter, mais les mots se mélangeaient les uns sur les autres,devenaient incompréhensibles,puis je convulsais et je perdais connaissance.

je n'ai jamais vu une personne faire une crise épileptique, et je peux comprendre que cela soit horrible à voir,difficile à gérer, surtout pour les jeunes de mon âge de l'époque.....

Dieu seul sait la peur qu'avait ressenti ma sœur toute les fois face à ça,elle qui en général est très émotive, sensible et fragile.

Les crises durent en moyenne 30 seconde, je ne pense pas que mes parents ont un jour cherché à chronométrer le temps de convulsion,entre peur de me perdre et autre, chose que l'on conseille vivement d'ailleurs.

FIN DE MES CRISES ÉPILEPTIQUES

2004, plusieurs crises m'attrapent,une seule nuit,lors de l'enterrement de mon oncle paternel,ami et tuteur avec qui j’étais très proche.

Je me rappelle même que l'on m'a interdit de beaucoup pleuré, on me demandait de me retenir pour pas faire de crise, j'en ai pas fait jusqu'à cette nuit là dans mon sommeil.

J'avais juste fait sortir ce qu'on m'avais demandé d'étouffer durant de semaine peut- être........

Cette nuit là ma sœur absente dans la chambre j'étais avec l'une de mes copines qui vit aux USA aujourd’hui.

"À la première crise j'ai appelé ta mère et à d'autres crises,je ne faisais que prier." me dit- elle Plus tard. Pauvre chérie! ( j'imagine pas dans quel état elle était )

c’était la dernière cette fois là,ça c'était arrêté cette nuit là, mais je ne le savais pas encore.

Une nuit tout commence, une nuit tout s’arrête.

j'ai du arrêter les comprimés en 2006 après un autre scanner

Aujourd’hui, j'y pense encore, j'en parle autour de moi sans gêne,pendant mes grossesses j'en parle aux médecins,je partage mes craintes.

Dieu seul sait à quel point j'avais peur d'accoucher en perdant connaissance ou sous les convulsions.

De fois j'en ressens de sensations, et même deux fois en France je me suis réveillée langue mordue, je ne sais pas ce qui s'est passé, ce qui est sur aujourd'hui je n'ai rien.

Ces crises resteront les plus grosses peur de ma vie.

LES REGARDS QUI TUENT

Lors de cette formation, je me suis rendue compte que dans mon pays nous n'avons pas assez d'information à ce sujet et les personnes atteintes sont tout doucement mises de coté par la société.

ils sont regardés désormais autrement.

Ce regard pèse, le mots ne sont pas dits, un simple regard suffit, même sur notre dos on le sent, moi je le sentais, de la famille élargie ,des amis, du gens de quartier,de proches et de mes connaissance TOUT ÉTAIT DIFFÉRENT.

Je sentais que je ne pouvais plus faire les choses comme avant,ni comme d'autre, j'avais la pitié de gens, mais aussi leur rejet.

Il fallait absolument que j’explique comment cela m'arrive à mon âge, mais je n'en savais rien moi même.

J'avais pas non plus toutes les réponses aux questions qui me trottaient la tête.

pourquoi moi?

pourquoi maintenant?

comment ci et ça?

Tout doucement, j'avais arrêté, l'université, les sortie ( sauf l’église et l’hôpital), je perdais aussi les amis, soit parce que mes parents voulaient plus que je vois de gens de l’extérieur, parce que mes amis ne voulaient plus me voir par peur et qu'est ce que j'en sais d'autre.

Les personnes malades ou vivant avec handicapes, doivent vraiment avoir un mentale fort, entre ce qui se raconte, le rejet de la société et autre difficulté à se faire une place avec le regard de gens.

J'espère apporter à ma manière des INFORMATIONS qui hier étaient IGNORÉES par plusieurs, NÉGLIGÉES aussi.

A travers cet article que l'on change tout doucement notre regard face aux victimes, et que nous nous informons davantage.


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