• Fbanzeba

Que m'ont-elles dit au sujet de la SEXUALITÉ? #8

Mis à jour : 9 nov. 2018


J'ai terminé l'année 2017, en lisant un livre d'une écrivaine nigériane Chimamanda Ngozie Adichie dont le titre est: "CHERE IJEAWELE" ou un manifeste pour une éducation féminine,et j'ai commencé l’année avec le même livre. En lisant ce livre, j’étais d'accord sur beaucoup de choses, mais surtout sur l’éducation sexuelle dans mon continent "L'Afrique"; comment était-elle abordée?

J'ai eu comme un souvenir de comment adolescente j'ai été face au sexe, éducation sexuelle;comment ces choses ont été abordées dans ma famille, dans mon entourage, et j'ai comparé les époques, j'ai regardé autour de moi , mes copines qui ont eu des enfants très tôt,comment s'en sortent elles avec leurs filles ou garçons.

Parlent -elles à leur tour assez du sexe avec leurs enfants?

A ces filles qui étaient confrontées aux avortements autrefois, comment vivent elles ces choses aujourd’hui, quelle position prennent -elles face à cela.

Je me suis posée la question: qu'est ce qu'on nous a pas dit?

Avec mes parents, plutôt avec ma mère, mes grandes sœurs- cousines, tantes, disons la gente féminine de ma famille...

Tout ce qui a été dit;c’était que le sexe était dangereux et était un danger.

Quand j'ai eu mes règles, elles m'ont alors rajoutée de ne plus jouer, du tout et surtout pas avec les garçons. c’était le seul moment ou j’étais triste et en insécurité lors de mes règles.

Maman m'a dit de ne plus JOUER.

Elles m'ont ensuite rajoutée de ne plus jouer avec les garçons maintenant que j'avais mes règles.

Désormais j’étais une femme, j'avais grandi.


je dois vous avouer qu'à cet age là, je ne comprenais pas exactement ,où elles voulaient en venir, du coup je n'ai plus jamais joué avec les garçons. ( j'ai fait comme elles avaient dit)

D'ailleurs comment aurai_je pu jouer avec les garçons?

J'étais dans un lycée une école qu'avec des filles,depuis le moment où j'avais eu mes règles.

Je pense qu'elles m'auraient dit les choses plus clairement, certaines choses n'arriveraient pas, par exemple un avortement....

j'aurai souhaité qu'elles me disent les choses et s'assurer que j'ai compris leur langage.

Entre le choix de la pilule ou autre contraception que ce soit, pour éviter une grossesse prématurément, ou une maladie sexuellement transmissible.

Même si dans mon pays la pilule est une chose que l’on recommande pas forcément aux jeunes.

je me rappelle m'être mise sous pilule sans l'avis d'un médecin, sans en parler à ma mère, et il y' a eu cependant beaucoup de dégâts par la suite, parce que j’étais livrée à moi même et beaucoup de jeunes filles sont livrées à elles -mêmes, face à toutes ces choses qui leur tombent d'un coup.

Elles m'auraient parlé de façon intelligente de la capote et sur celle_ci,ça éviterai d'attraper des MST ou encore être confronté à des avortements.

Elles avaient obligation de me dire les choses de façons claires,nettes, compréhensibles avec les mots qu' adolescente que j’étais, aurait compris au lieu de me faire peur.

J'ai eu peur du sexe de l'autre, du mien, et des rapports sexuels mais au final j’étais curieuse puis j'ai goûté à leur insu.


Malgré qu'elles avaient compris que je faisais du sexe "FORCEMENT",PERSONNE n'a eu assez de courage pour venir en parler de façon libre avec moi.

Et pourtant ceux qui sont de l'autre coté,pensent et se disent que; vue que j'ai une maman(les femmes qui m'entouraient) sont de l’Équateur(une région du Congo d'où je tire mes origines, où les femmes sont "OPEN", assez ouvertes, disent les choses comme elles pensent,qu'elles m'auraient tout dit. NON.

NI ma mère, NI ELLES

A ce sujet là NON.

Notre culture veut que certains sujet demeure TABOU, entre autre le rapport sexuel, le sexe,la connaissance du corps de la femme ou de l'homme d'ailleurs.


J'aurai voulu que ma maman me dise que le sexe est BON, même très bon mais que c'est dangereux à mon âge.

Tout en m'énumérant le danger avec des mots, des mots rassurants, compréhensibles.

comme par exemple:

*l'incapacité et la difficulté d'élever un enfant seule,

*que mes études étaient très importantes et priorité,

*qu'elle ne s'occupera pas de l'enfant vu qu'elle avait plus l'age, ni le temps de s'occuper d'un bébé,

*que je pouvais attraper des MST pire que le SIDA,

*que les hommes ça part et ça vient, souvent on se marie pas avec son premier copain,

*que ci, que ça,et j'en passe.

Bref me dire ces choses afin que je me sente prête et à l'aise face à la sexualité.

J'aurai souhaité partager avec ma mère ma première expérience amoureuse, et voire sexuelle,pour qu'elle m'oriente, qu'elle me rassure à son tour.

qu'elle me dise ce qu'elle en pense,

qu'elle me dise être passé par là, elle aussi,

qu'elle me raconte son expérience, en tant qu'adolescente de l'autre fois, tant bien que nos époques sont différentes.

Je pense pas qu'il puisse avoir un grand nombre de filles de mon âge en Afrique qui ont parlé de ces choses là ouvertement à leur mère et avec les femmes de leur entourage,

ou encore que leur maman vienne vers elle à ce sujet.


La vie étant un cycle,notre corps a presque les mêmes réactions à un moment donné,

(la femmes comme l’homme) entre autre la gente féminine avec laquelle j'ai été entouré, même si les choses auraient été différentes les uns des autres.

Je n'aurai pas voulu être la copine à ma mère,peut être connaître son expérience m'aurait influencé d'une manière quelconque , à un certain niveau.

Ce qui énerve et déçoit encore plus c'est la façon de donner la virginité une place importante.

A leurs yeux la virginité était, (est) importante,mais pourquoi?

Je pense encore que l'on accorde de l'importance à cela pour éviter de parler du sexe à la jeune fille comme il faut.

La virginité est un choix et non une obligation.Bien après avoir expliqué et fait comprendre le bon et le mauvais coté du rapport sexuel à l'adolescence.

A force de lui accordé une importance de jeune fille n’étant pas vierge se sent obligée de mentir à sa maman sur ça, et puis affaire sexe dans les oubliettes, "ma fille est vierge". dit_elle.

Il y' a aucune honte à ne pas l’être.

C'était plus facile de dire à un adolescent de garder sa virginité,que lui expliquer clairement sur la sexualité.

En réfléchissant,je pense que c'est tellement tabou de dire ces choses, qu'il est plus facile d'interdire à son enfant sans aucune autre explication et se pencher du coté de la virginité.

D'ailleurs ça marchait que pour quelques temps,pour beaucoup.


Jeune fille,je me suis souvent retrouvée seule, face à toute ces choses, face à la sexualité, ma sexualité.

j'ai appris de moi même, par moi même mais de quelle manière?

*Par mes relations amoureuses, qui pouvaient elles aussi être mensongères et innocentes.

*En écoutant les portes,les conversations des grandes.

*En lisant des livres....

*Sur les expériences des copines qui l'ont fait avant moi,

*des discussions sur le sexe entre copine sans avoir le cœur net.

J'ai appris ça et là,avec des erreurs, tard, tôt, seule.

Face à la sexualité, j'ai été livré à moi même, mais le pire ce que j'avais jamais une conversation à ce sujet avec ma petite sœur avec qui j’étais très proche,puisque pour nous c’était normal de ne pas en parler,alors que ça l’était pas.


Que vois- je à mon époque? la jeune fille d'hier, celle qui est tombée enceinte prématurément,celle qui était seule face au sexe, celle qui était confrontée à l’avortement, celle qui a découvert son corps tard sans l'aide de personne, celle qui se retrouvait maman alors qu'elle devait être à l’école..... ces jeunes filles devenues maman, femme aujourd’hui reproduisent les mêmes erreurs que nos mères c'est à dire sexe=tabou.

Alors que ces mêmes jeunes d'hier qui étaient dans ma situation, qui auraient voulu qu'on leur parle très clairement du sexe, des rapports sexuels, qui auraient souhaité avoir une certaine complicité à ce niveau là avec leur mère, avec les femmes qui étaient là pour leur éducation sexuelle, je les revois faire du "sexe tabou"et ça me désole.

Je me rend compte à présent à quel point ces choses ont été frustrantes toute ma jeunesse.

Aujourd'hui que j'ai mes deux filles, il faudra que je sache comment aborder ce sujet et leur dire toute ces choses, sans pour autant donner aux sexes le coté tabou. j'ose croire que ce n'est pas tâche facile.

Nous avons une appellation pour designer le sexe chez nous et je trouve cela mignon et sans tabou.

A leur âge la seule chose que je puisse faire est de protéger.

Que personne ne doit toucher à leur "goût"personne n'avait le droit de toucher.

Il y' a quelque jours , il s'est passé un incident vite fait et je me suis rendue compte que ma protection était dans un seul sens,alors j'ai rajouté,qu'elles avaient pas le droit de toucher les goûts des autres.

j'aimerai à leur adolescence abordé ce sujet de façon confiante,à ma manière.(puisqu'elles seront curieuses)

Je pense que j'aurai assez de courage ,complicité et beaucoup de dialogue pour en parler ouvertement avec mes filles.



5 vues

Instagram

Podcast

Abonnez- vous

Me suivre

  • Icône social Instagram
  • Facebook Social Icon
  • Twitter Social Icon

© 2023 par Garde-robe. Créé avec Wix.com

This site was designed with the
.com
website builder. Create your website today.
Start Now